Décès du pape François : le départ d'un pasteur qui nous a voulu du bien
Comme à chacune de ses célèbres phrases médiatiques, qui suscitaient des réactions contrastées, il est difficile d’arrêter un bilan sur les tentatives de réforme initiées par le pape François. Du célèbre « qui suis-je pour juger ? » prononcé en 2013, à la déclaration Fiducia Supplicans de décembre 2023, qui permettait aux couples de même sexe de recevoir une bénédiction, François n’a eu de cesse de libérer la parole pour mieux accueillir les personnes LGBTQI+ (Lesbiennes, Gays, Bies, Trans, Queers, Intersexes), acronyme d’ailleurs apparu pour les premières fois dans le vocabulaire de l’Eglise catholique.
Soucieux d’un authentique accueil de toute personne, sans distinction d’orientation sexuelle ou d’identité de genre, cette nouvelle approche pastorale aura permis une dynamique positive au niveau de nombreux diocèses et paroisses pour l’intégration en actes des personnes LGBTQI+.
S’il faut reconnaitre de réelles prises de position, notamment pour affirmer l’accès au baptême des personnes trans, ou des enfants issus de familles homoparentales, le pontificat de François n’en a pas moins sa part d’ombre, des maladresses de langue à la condamnation brutale des parcours de transition dans Dignitas Infinata (2024), dans laquelle se perpétue la dénonciation de la supposée « idéologie du genre. »
Sans altérer la reconnaissance d’un réel engagement incarné dans l’accueil et la rencontre, il n’en demeure pas moins un sentiment d’inachevé dans le travail doctrinal. Aux timides avancées semblaient toujours devoir répondre des gages aux bastions plus conservateurs de l’Eglise, dont la résistance n’a pas faibli. Les articles litigieux du Catéchisme de l’Eglise demeurent inchangés quant à la situation « intrinsèquement désordonnée » qui caractériserait l’homosexualité. La recherche théologique n’a guère été encouragée pour accompagner les audaces d’une théologie queer qui permette le plein épanouissement spirituel de la personne LGBTQI+, qui aille au-delà des carcans religieux. Les mêmes crispations et insatisfactions touchent les faibles évolutions quant à la place des femmes au sein de l’Église catholique.
A notre hommage au réformateur sincère se mêle la tristesse pour le départ d’un ami, et l’inquiétude quant à la succession du pape François. Nous formons le vœu que le prochain pape donnera une suite doctrinale, entérinée dans les textes, pour consolider les tentatives pastorales du pape François. Nous espérons ainsi que son pontificat ne se réduira pas à une parenthèse fragile dans l’histoire de l’institution catholique.
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